ULgWebinfo

Dans le cadre du cours dispensé par Alain Gerlache, les étudiants en Journalisme de l'Université de Liège vous proposent un tour de l'actu du web, des réseaux sociaux. et des médias.

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Ce samedi 5 avril, le PTB a organisé le dernier meeting régional avant les prochaines élections du 25 mai. Plus de 600 militants ont assisté à l’événement ainsi que les syndicalistes de la FGTB.

La salle Eden de Charleroi, trop petite pour l’occasion, a été le théâtre d’interventions combatives des orateurs devant une foule surchauffée. Plus de 600 militants du PTB, rejoints par des syndicalistes de la FGTB, étaient présents à l’événement. La campagne électorale bat son plein.

Pendant le meeting, la parole a été prise par Marco Van Hees, tête de liste au fédéral, Raoul Hedebouw, président du PTB et Christian Viroux, 3e  sur la liste au fédéral. Leur discours visait principalement les métallurgistes de la FGTB présents à la soirée. Déçus par une gauche qui ne se préoccupe plus d’eux, ces derniers se tournent vers « un parti où il y a des sereines espérances » explique Robert Sénéchal, secrétaire provincial de la FGTB. Dans ce contexte, leur discours qui prône une gauche du changement, agit comme vrai rempart contre le massacre social trouve un écho certain. Raoul Hedebouw se dit fier de ce succès annoncé. Surtout à Charleroi, ville qui est dirigée par le PS depuis de nombreuses années. Il se montre très confiant et il a des bonnes raisons de l’être.  Selon lui, le PTB aura bientôt un pied au parlement fédéral et régional. Les sondages annoncent une progression nette, les meetings organisés par le parti attirent du monde. Cependant, il faut toujours rester prudent dans le monde politique. La donne peut encore changer d’ici les élections.

Hedebouw s’est encore une fois offusqué lors de ce meeting de la prohibition des affiches politiques dans les rues de Seraing. Mais l’homme fort du PTB oublie que la campagne se joue désormais aussi – et surtout – sur les réseaux sociaux. Facebook ou Twitter sont utilisés comme de vraies armes de communication par beaucoup de militants de son parti. Le PTB a les cartes en main pour marquer ces élections de son empreinte. Reste à voir si le succès résistera à la sanction des urnes. Et de voir si les promesses seront tenues en cas de succès. 

Giulia Tomasi

Benjamin Bodson, étudiant en dernière année de droit à l’ULg, actuel Président des Jeunes cdH liégeois et candidat aux élections communales en 2012, donne son avis sur l’utilisation des réseaux sociaux pendant la campagne électorale. 

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« Aux précédentes élections communales de Liège, Willy Demeyer n’avait que 38 likes de plus que moi », explique Benjamin en toute modestie. Cela prouve que l’approche était différente. Et d’ajouter « sa communication n’était pas du tout axée sur les réseaux sociaux, alors que moi, ma campagne, je l’avais faite exclusivement via les réseaux sociaux ». Il est important de souligner que Benjamin, 40ème sur la liste cdH, avait récolté 484 voix pour une première campagne. Selon lui, le web 2.0 est primordial lors de cette période pré-électorale, car « cela permet de toucher plus facilement les électeurs ». En effet, ces derniers « vont être plus attirés par un message plus moderne que par une lettre qui va être perdue avec leur courrier ».

Et le cdH, dans tout cela? 

Depuis le début de cette campagne électorale, le cdH s’est montré discret sur la toile contrairement à ses adversaires.
« Au cdH, il y a un problème de communication mais général, et pas seulement sur les réseaux sociaux »,
avoue Benjamin. Selon lui, « l’objectif du Président Benoit Lutgen n’est pas d’être présent sur tous les réseaux sociaux, mais bien d’agir sur le terrain et de communiquer uniquement les points clés du programme du parti ». Des voix s’élèvent d’ailleurs contre ce manque de communication du Président. Comme le souligne Benjamin « il y a eu un classement effectué par des journalistes politiques des différentes rédactions belges pour voir quel était le meilleur communicateur parmi les politiciens francophones et Benoit Lutgen est arrivé dernier en obtenant un score négatif ». Par ailleurs, celui-ci affirme que « si le message n’est pas assez moderne, assez bien fait et ficelé, cela peut porter préjudice au cdH si d’autres partis font passer un meilleur message ».

Lors du Congrès au Wex de Marche-en-Famenne, le cdH a pourtant démontré qu’il pouvait être plus présent sur la toile avec un mode de communication « un peu à l’Américaine », davantage axé sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce vers quoi Benjamin pense qu’il faut se diriger, car « le mode de communication a totalement changé et l’électeur a besoin de voir que l’on prend ses questions en mains. Il veut voir quelque chose de grand et qui impressionne ». Benjamin souligne également que la campagne est une occasion de revoir toute la communication du parti et de l’améliorer.

Le relais aux jeunes ?

Pour toucher l’électeur tout âge confondu, les jeunes vont plutôt aller à l’essentiel et utiliser un langage percutant qui va interpeller l’électeur en adressant un message ad hoc. Selon Benjamin, les politiciens doivent passer la main aux jeunes pour gérer les réseaux sociaux, car « les anciennes générations ne font pas partie de la génération qui a grandi avec Facebook, et du coup, le message qu’ils donnent via ce réseau n’est pas le bon et ils ne savent pas vraiment quel impact le message va avoir ».
 

à vos tweets !

Emilie Grauls

 

Le COMAC incarne l’Atlas soutenant le PTB. Ce mouvement de jeunes du parti de Raoul Hedebouw se place en pierre angulaire de sa communication sur les réseaux sociaux. Rencontre avec l’une de ses représentantes, militante sans ambage.

            “La politique, tout le monde est capable d’y être impliqué, les gens ne sont juste pas assez en confiance !" Du haut de ses vingt-cinq ans, Sarah Schmit martèle déjà un enthousiasme débordant pour recueillir l’opinion du plus grand nombre. Mais surtout des jeunes. Et pour nourrir ce gourmand dessein, les réseaux sociaux forment un fusain incontournable : "Aller sur le terrain, c’est bien, mais tous les étudiants ne descendent pas dans la rue à nos côtés, tous ne se bousculent pas aux portes des débats. Avec Facebook, on est certain de les atteindre sans obstacle”, expose-t-elle en sirotant une bière.

            Cette efficacité du web 2.0, les autres partis l’ont bien compris. La NV-A, par exemple, n’hésite pas à se délester de 300.000 € pour l’investir avec fracas (http://tinyurl.com/nzhspb2). Les membres du COMAC ne disposent pas de tels moyens. “Mais on a la ferveur”, nuance Sarah. La débrouille, elle a l’habitude. À vingt-cinq ans, au sortir d’études de sociologie à l’ULB, elle cherche du travail avec optimisme. La singulière tâche de naissance qu’arbore sa joue gauche reflète son désaccord avec le pouvoir en place. Rebelle, comme un cheveu dans la soupe. Mais pas la populaire, celle aux palourdes.

Remonter le courant

            Organiser des rassemblements virtuels permet également d’entrer en débat facilement. Conscient que la gauche n’a pas la science infuse, le COMAC cherche à ferrer des jeunes de tous les horizons pour confronter les opinions. “Selon moi, les autres partis n’aspirent pas à la même volonté”, accuse la jeune femme. “Leurs termes compliqués entravent l’accès des gens au concret. Terrorisés, ils n’osent pas témoigner d’avis politique de peur qu’il soit invalide.” Le credo du COMAC réside dans l’essaimage d’appâts tangibles pour inciter les citoyens à s’indigner.

            Première suppléante à la Chambre au PTB-go, à Bruxelles, Sarah Schmit reste toujours à l’affût de promesses de voix. D’ailleurs, beaucoup de ses camarades sont inscrits sur les listes électorales. Pour convaincre les jeunes, interpellés par les réseaux sociaux, ils abattent la carte écornée des enquêtes d’opinion. Censées refléter la réalité, elles constitueraient une base solide pour rédiger un programme politique. “Le PTB a consulté 42.000 résultats d’études pour être certain de défendre les priorités des gens”, entonnent les militants. Un chiffre jeté à la figure des followers pour se targuer d’une universalité toute relative. Une poignée de gros sel qui étonne peu. Les slogans tapageurs restant l’apanage d’une communication efficace. À fortiori au cœur de la jungle des réseaux sociaux. Sables mouvants ou long fleuve tranquille ?

Boris Krywicki

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Jeudi dernier, une conférence débat sur les élections 2014 se tenait à HEC.
Ce débat, animé par le journaliste politique du Vif/l’Express Pierre Havaux, réunissait les 4 représentants siégeant au Parlement wallon : Melchior Wathelet (cdH), Christine Defraigne (MR), Muriel Gerkens (Ecolo) et Jean-Claude Marcourt (PS).

Dès le début de la conférence débat, les étudiants ont du procéder à un vote pour choisir leur parti favori le jour des élections. Un autre suffrage était également prévu en fin de soirée. Les premiers votes étaient plus que significatifs avec en tête, le MR qui remportait plus de 70% des voix. Le cdH, lui, se tenait à la troisième position avec 8%, après Ecolo (11%).

Selon le cdH, Melchior Wathelet a convaincu l’assemblée et la parti ne manque pas de le faire savoir sur toutes les plateformes : « Melchior Wathelet a ressuscité le cdH! » ou encore « Melchior Wathelet, le plus convaincant ! ». En effet, Melchior Wathelet a démontré ses talents d’orateur et de persuasion. « Notre coalition, c’est celle des jeunes. En matière d’emploi, de logement, d’enseignement supérieur. La jeunesse, c’est notre priorité numéro un », affirmait la tête de liste liégeoise cdH à la Chambre.
Après sa prestation, le « héro du jour » a permis au cdH de passer de 8% à 43%, se retrouvant en deuxième position après le MR  (47%). Plutôt convaincaint! Quant à Ecolo, il a été relégué à la dernière place avec seulement 2% des suffrages.

Ce revirement de situation montre à quel point il est important d’être actif dans ce genre d’événements et de travailler sur la perception des gens. à bon entendeur…

Emilie Grauls

Le cdH est connu pour ne pas être fort actif sur Twitter mais, quand le parti s’y met, c’est pour atteindre la première place des Tendances en Belgique.

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Aujourd’hui, à Marche-en-Famenne, s’est tenue la convention du Centre Démocratique Humaniste. L’événement, qui a accueilli plus de 2000 participants, a été l’occasion pour Benoit Lutgen de présenter le programme de son parti. Il a notamment abordé les thèmes de l’éducation et du numérique, de la fiscalité ainsi que de l’égalité au niveau du salaire.

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 C’était également une sacrée opportunité pour le cdH d’être enfin plus actif sur Twitter. Opportunité clairement saisie!

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Tweetant les idées-clés du président humaniste, retweetant des commentaires, postant quelques photos, le parti a réussi à faire grimper le hashtag #cdh14 à la première place des tendances belges. Ainsi lorsqu’il y a matière à réagir, le cdH nous montre qu’il sait tout de même s’emparer des réseaux sociaux.

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Elmaze Gashi

   

 

 

 

Affilié au PS depuis deux ans, l’arbitre de football Jérôme Nzolo a dernièrement rejoint le cdH, sur la liste fédérale du Hainaut. Le parti l’a annoncé via sa page Facebook, mercredi soir en relayant un lien Youtube. Dans la dite vidéo, Nzolo explique  qu’il « adhère complètement » aux valeurs du Centre. Benoit Lutgen, qui est du même avis, nous le présente comme « une belle personnalité ».

« Personnalité »… Le terme est fort bien choisi et semble parfaitement définir la stratégie employée  par le cdH durant ces élections.  À défaut d’être actif sur les réseaux sociaux, le parti joue  fréquemment la carte du buzz à l’aide de certains « people ».

Nzolo n’est effectivement pas le premier. Il y a une semaine, un autre sportif se retrouvait déjà sur une des listes du cdH. En effet, John John Dohmen, vice capitaine de l’équipe nationale de hockey, intègre la liste régionale du Brabant Wallon, confirmant les rumeurs qui circulaient depuis quelques jours.

Dans un autre registre, le parti s’était fait remarquer, il y a un mois, lorsque le chanteur Pharrell Williams avait publié sur sa page Facebook l’adaptation de son clip « Happy », réalisé par des jeunes cdH à Bruxelles.

Le parti se réjouit visiblement et tente d’en tirer un maximum de profits en relayant ce genre d’évènement sur toutes leurs plateformes. Catherine Fonck s’est notamment empressée de poster un selfie avec le fameux arbitre.

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Lors de l’interview, Jérôme Nzolo affirme que les termes « perdre » ou « échec » ne font pas partie de son vocabulaire. Le cdH, une équipe qui gagne ? Il faudra attendre le 25 mai pour en être sûr.

https://www.youtube.com/watch?v=Ldr82AMsXP0&feature=youtu.be

Ce jeudi se tenait à HEC-ULg une conférence réunissant les quatre gros partis francophones du pays. Ainsi, Muriel Gerkens représentait Ecolo, Jean-Claude Marcourt le PS, Christine Defraigne le MR et Melchior Wathelet le CDH. Après plus de deux heures de débat sur les jeunes, l’éducation (surtout) et l’avenir du pays (un peu), la présidente du groupe MR au Sénat  nous donnait son avis sur l’importance des réseaux sociaux en politique.

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« Les réseaux sociaux sont essentiels et c’est une nouveauté car quand j’ai commencé à faire de la politique, ça n’existait pas », affirmait la tête de liste MR à la Région. Pour elle, le Web 2.0 s’affirme réellement comme une nécessité, un véritable instrument de communication. Pourtant, «je ne suis pas sûre de très bien le manier», confesse-t-elle. Et d’ajouter «je vais vous avouer quelque chose, ce n’est pas moi qui gère mon Facebook. Pour la simple et bonne raison que pour le gérer convenablement, je trouve qu’il faut du temps et dans nos journées qui sont parfois un peu hallucinantes ce n’est pas toujours évident à dégager. Mais je vous dirai que j’ai une approche par rapport à Facebook du style ‘‘tiens il faut mettre ça’’ ou ‘’tiens il faudrait publier telle photo’’.»

Pourtant, le numérique n’est pas un monde dont Christine Defraigne raffole. Elle hésite d’ailleurs à s’inscrire à Twitter même si «ça se répand de plus en plus en politique ». Selon elle, le réseau à l’oiseau bleu, encore plus que Facebook, se place dans un rapport à l’immédiateté, dans un côté impulsif qui la gêne un peu. « Moi qui suis un peu latine, un peu sanguine et qui suis de surcroît très maladroite, j’ai peur de faire comme Leterme, de confondre mes SMS persos avec Twitter », s’amuse la politicienne du MR. Elle poursuit : « Cette communication de la seconde voir de la nano-seconde se trouve, à mes yeux, dans un rapport ambivalent. Ce n’est pas toujours opportun, adéquat mais en même temps ça multiplie les sollicitations.» Nostalgique, elle rajoute qu’«il y a une virtualisation du contact qui est différente avec ce qu’on vivait avant. Moi je trouve que rien ne remplace la proximité, le contact humain même si c’est parfois difficile quand on se fait engueuler…»

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Une autre raison qui la rend réticente à l’idée d’utiliser les réseaux sociaux provient des problèmes liés à ceux-ci. « Le souci avec les réseaux sociaux c’est qu’il y a parfois des dérives populistes ou poujadistes dans les commentaires postés. Bien sûr, je regarde les commentaires mais j’essaye d’être imperméable car ce n’est pas parce qu’une majorité de râleurs va toujours dans le même sens que ça doit influencer l’attitude du politique. »

On le remarque, de part ses dérives, mais également son rapport à l’immédiateté, le Web 2.0 reste un outil dont Christine Defraigne se méfie. Rien ne remplacera jamais le rapport direct avec la population selon elle. On est donc là, bien loin de la communication agressive pratiquée par le MR en campagne. Néanmoins, la chef de file du groupe à la Région tente de rester « up to date » comme elle le dit si bien.

Loïc Manguette

Ces derniers temps, les partis politiques semblent se servir plus souvent des réseaux sociaux pour s’attaquer entre eux plutôt que pour véritablement échanger avec le citoyen. Et cela se remarque dans tous les partis et pays, notamment l’Espagne.

Aujourd’hui, les hommes politiques et leurs partis s’investissent pleinement sur les réseaux sociaux. Mais qu’en font-ils réellement ? Ces nouveaux supports servent principalement à faire  la publicité du parti et de ses idées de façon plus directe et surtout moins chère. Ces canaux sont dorénavant préférés car l’information se véhicule rapidement. Pour la simple raison qu’il n’existe aucun médiateur, c’est-à-dire de journalistes, entre l’information fournie par le politique et le citoyen. Cette communication, moins traditionnelle, permet par conséquent aux politiques d’établir une relation de proximité avec les futurs électeurs. Et surtout les jeunes.


Ces réseaux donnent aussi la possibilité de partager des idées et d’établir des liens avec d’autres hommes politiques. Pourtant, les échanges entre les partis y sont rarement cordiaux. Le PP (Parti Populaire) espagnol - au pouvoir depuis les dernières élections générales anticipées du 20 novembre 2011 - est devenu maître dans l’art du sarcasme, particulièrement à l’encontre des socialistes.

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Fatima Bañez, la ministre de l’Emploi et de la Sécurité sociale espagnole, tweete ci-dessus : « Les gouvernements du PP sont des spécialistes pour nous sortir de la crise dans laquelle nous ont mis les socialistes. »

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Et s’attaque ensuite au chômage : « Le chômage a commencé à baisser dans notre pays, six ans après la crise. »Signifiant clairement que c’est l’arrivée du parti au gouvernement qui a su changer la donne.

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La présidente nationale des Nouvelles Générations du PP, Beatriz Jurado, quant à elle, a déclaré dans le contexte des prochaines élections européennes : « Nous ne pouvons pas condamner la jeunesse européenne à être régie par les socialistes. »

En période électorale, Twitter apparaît donc comme une plate-forme de règlement de compte gauche-droite, plutôt qu’un véritable lieu de communication. Pas sûr que cela donne un bel exemple du monde politique à cette jeunesse s’apprêtant à voter dans un peu moins de deux mois.

Paula Ayllón

 

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Les cinq points principaux de leur programme sont le redéploiement économique, la justice environnementale, la jeunesse, l’éducation et la culture, la démocratie, la gouvernance et les égalités et enfin les relations internationales. L’écologie fait toujours partie légitimement de leurs chevaux de bataille, mais n’est plus, aujourd’hui, l’argument fort de leur campagne. En effet, quand on lit attentivement leur liste de priorités, l’écologie est quasiment omniprésente. Elle ne fait simplement plus partie des arguments vendeurs et tapageurs qu’ils décident cette année de mettre au premier-plan.

L’égalité des sexes et les PME au centre du programme

Le programme d’Écolo accorde beaucoup d’importance à la lutte pour l’égalité hommes/femmes, à ce « nouveau combat ». Pourtant même si les Verts affirment que : « L’égalité entre les femmes et les hommes fait partie des fondements de l’écologie politique », on peut s’interroger sur les fondements de ce choix qui ne correspond pas aux arguments électoraux classiques du parti. Ce projet reste assez éloigné de l’écologie « pure ». Mais on peut comprendre le besoin de diversification d’Écolo qui doit évoluer avec son temps. Les Verts cherchent à casser leur image de parti uniquement tourné vers l’écologie.

En ce sens, le parti a déposé une résolution pour féminiser la gestion des universités. Un projet voté à l’unanimité en février de cette année. Un premier bon argument de pub qui contenait, entre autres, une demande de garantie d’une représentation équilibrée au sein des instances universitaires et une lutte contre les stéréotypes touchant certaines filières.

Dans la lignée du combat pour l’égalité hommes/femmes, c’est également le parti des Verts qui s’est mobilisé durant de nombreuses années pour instaurer le nouveau système de choix pour le nom de famille des enfants. Une proposition de décret déposée début 2014 par les Parlementaires Ecolo va plus loin et prévoit qu’à partir du prochain renouvellement prévu en 2018, chaque collège communal devra compter au moins un tiers des membres de chaque sexe. Il en ira de même pour chaque collège provincial.

Enfin, à l’occasion de la journée de la femme le 8 mars dernier, le parti Écolo s’est lancé dans une campagne qui mettait en scène plusieurs de ses membres sous le slogan « Les métiers n’ont pas de sexe ! ». Une nouvelle manière de mettre en lumière leurs arguments de lutte pour l’égalité hommes/femmes dans le secteur de l’emploi.

La défense des indépendants via le soutien aux PME est reprise dans un de leurs grands thèmes : le redéploiement économique avec la lutte contre la grande fraude fiscale, la réduction des inégalités de revenus, la réforme de l’impôt dans les sociétés, la modernisation de la fiscalité immobilière et la promotion des modes de consommation innovants, durables et locaux. Bien que les arguments de campagne qui visent à défendre les indépendant seraient traditionnellement plutôt associés à un parti tel que le MR, les circonstances économiques actuelles poussent l’ensemble des partis à s’investir dans le domaine de l’emploi et la relance économique. Écolo, pour faire coïncider ces deux mondes, parle de « réforme fiscale green ».

Écolo vise la jeunesse

« Votez avec votre temps » est le slogan officiel de parti pour la campagne 2014. En ce sens, une de leurs priorités est la jeunesse. Pour atteindre le lectorat plus jeune, Écolo avait lancé auparavant plusieurs actions telles que la diminution du coût des SMS et des télécommunications, l’accessibilité et l’amélioration des transports publics, etc. Ces projets ont bien été reçus par les jeunes du pays, qui séduits, ont voté en masse pour Écolo lors des élections régionales et européennes de 2009. Après ce suffrage, le score des Verts a doublé dans l’ensemble de la Belgique, faisant d’Écolo le 3e parti francophone en Belgique.

Cette année, le parti mise sur une campagne virale via les réseaux sociaux pour séduire son jeune lectorat. C’est en ce sens qu’ils ont lancé dernièrement les « Green nominations » qui s’inspirent des désormais célèbres « Necknominations » qui ont fait le buzz sur internet durant plusieurs semaines début de l’année. Le parti Écolo s’est approprié la stratégie virale en lui donnant un principe simple : Un(e) militant(e) ou un(e) candidat(e) du parti fait une vidéo d’une trentaine de secondes dans lequel il/elle développe un point du programme, dit pourquoi il/elle votera Écolo le 25 mai, ou pourquoi il/elle se présentera sur la liste électorale, puis nomine trois autres militant(e)s ou candidat(e)s. La première vidéo a été publiée le 28 février sur Youtube et Facebook par un des attachés de presse d’Écolo, Baptiste Erkes. Sur Youtube, celle-ci n’a été vue que 820 fois.

Sur Twitter, lorsqu’on recherche #‎greennomination, on n’obtient qu’une quarantaine de résultats, sur Youtube une trentaine et encore moins sur Facebook. Le concept ne suscite donc pas le buzz attendu. Erkes s’en défend en expliquant au Le Vif/L’Express que ce n’était pas le but recherché : « Je ne sais pas du tout si le concept va fonctionner. L’objectif n’est pas de faire le buzz. C’est simplement une manière de motiver les troupes Écolo pour cette campagne électorale et de créer un élan collectif. »

http://www.youtube.com/watch?v=c1CDj6PnGO0 

Ce  dimanche 23 mars 2014 se tenait, à Charleroi, le congrès programmatique du MR. Comme à leur habitude, les réformateurs ont opté pour une communication agressive sur les réseaux sociaux. Décryptage.

Pour les bleus, tout a débuté le 12 Mars. Un meeting à Wavre se clôturait mais pas le temps de tergiverser. Dans les heures qui suivent, les internautes pouvaient voir fleurir en photo de couverture Facebook du MR, cette bannière (voir photo), annonçant leur congrès programmatique à Charleroi. Le lendemain, il est rendu officiel par la création d’un « événement » sur le réseau social cher à Zuckerberg.

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Au fil des jours, le MR n’a cessé de rappeler l’organisation de son meeting. « Dans une semaine, c’est notre congrès programmatique général à Charleroi! » pouvait-on lire sur Facebook le 16 Mars. « Sécurité, soins de santé, économie, #europe,… Autant de sujets qui seront traités à notre #congres programmatique ce dimanche à #Charleroi » tweetait Mr_Officiel le 19 Mars.

Si, avant le congrès, la communication s’était plutôt faite sur Facebook, les libéraux ont abondamment usé de Twitter, Youtube et Vine pendant celui-ci. Une communication trans-réseaux sociaux.

Ce 23 Mars, dès 00h40, Charles Michel, leader charismatique des bleus, tweetait ceci : « Ce matin, direction #Charleroi pour notre congrès programmatique du #MRbe !https://www.facebook.com/events/216309455243811/ #MR2014. » Ensuite, dès 9H, le MR partageait les tweets de certains adhérents présents sur place, tout en rappelant le hashtag du jour : #Mr2014.

S’en est alors suivie une flopée de Vine et de photos représentant les quatre ateliers du jour. Quelques images valent mieux qu’un long discours :

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Après l’entrée, composée des quatre ateliers, place au plat de résistance avec les interventions d’Olivier Chastel, Didier Reynders et Charles Michel. Selon le MR, plus de 1200 militants sont présents sur place. Pour prouver leurs dires, les libéraux postent de nombreuses photos de la foule assistant au congrès. Mais ce n’est pas tout, des Vine sont également postés et le MR va même jusqu’à proposer un lien vers une retransmission streaming de l’événement.

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Durant les discours des trois protagonistes, le twitter des bleus ne cesse de chauffer. Une attaque de Chastel par-ci : « On ne peut plus laisser l’écologie aux @Ecolo ! #MR2014. » Une phrase assassine de Reynders par là : « Il faut rappeler qu’il n’y a pas que des nationalistes dans le nord et des socialistes archaïques dans le sud #MR2014 #be2505. » Ou encore une pic virulente de Michel : « La classe moyenne ce n’est pas le mistercash de l état ! » Comme à son habitude durant les congrès, le MR retweete abondamment certaines phrases chocs de ses poulains. Un dernier tweet de Charles Michel pour rappeler de voter 1 (ndlr : le numéro du MR) aux élections, un dernier Vine de la foule qui applaudit. Et voilà qui clôture le meeting des bleus sur les réseaux sociaux.

Si certains adhèrent totalement à cette communication agressive des réformateurs, d’autres la trouvent, au contraire, dérangeante et excessive. Elle ne laisse cependant pas indifférente. Le MR se positionne comme l’un des partis les plus remuants sur le web. Il va même plus loin en consacrant un « Storify » (réseau social qui permet à l’utilisateur de créer une histoire à partir de Twitter, Instagram ou Facebook) au congrès. Du jamais vu. Le MR, proactif sur les réseaux sociaux, s’impose aujourd’hui comme le parti du 2.0.

Lien vers le Storify : http://storify.com/MR_officiel/notre-congres-programmatique-general-a-charleroi?utm_content=storify-pingback&utm_medium=sfy.co-twitter&awesm=sfy.co_ccq0&utm_campaign=&utm_source=t.co

Loïc Manguette