ULgWebinfo

Dans le cadre du cours dispensé par Alain Gerlache, les étudiants en Journalisme de l'Université de Liège vous proposent un tour de l'actu du web, des réseaux sociaux. et des médias.

 

Depuis la fin du mois dernier, le parti d’extrême gauche redouble d’ardeur pour augmenter sa présence sur Facebook. En effet, depuis le 29 avril, il ne s’est pas passé une seule journée sans retrouver entre 2 et 5 publications sur leur page. La fréquentation de leur page a-t-elle augmenté pour autant ?

Il fallait s’y attendre, nous arrivons dans la dernière ligne droite et chaque parti essaie d’occuper de plus en plus l’espace public. La page Facebook du PTB Liège ne déroge pas à cette règle et tente de se tailler une place dans l’esprit des électeurs. Malgré tout, ses publications s’orientent de plus en plus vers les derniers événements avant l’élection du 25 mai. Ainsi, sur la « couverture » de leur page, on peut y voir la promotion d’un « Apéro de campagne » place St-Léonard le 9 mai, ainsi qu’une publicité pour le candidat Frédéric Gillot. Les occasions pour rencontrer les candidats sont mises en avant. Cela semble encourager plus de monde à participer que sur la page Facebook elle-même si on s’intéresse au nombre de likes et de partages qui ne franchit pas le cap de la cinquantaine.

Ainsi, il semble que cette présence accrue sert plus à renforcer les troupes qu’à convaincre. Ce sont souvent les mêmes militants qui like les statuts et les partages. D’ailleurs, la quantité de partages reste presque toujours semblable au nombre de likes. Nous avons donc affaire à une petite communauté, mais très active. Malgré tout, aucune publication dans cette période ne récolte plus de 37 likes depuis le 7 mai. Même s’il ne s’agit que d’une page locale,  nous sommes en droit de se poser des questions. Le message passe-il vraiment sur Facebook ?

Charles Clark-Duquette

Pourtant habitué à ne commettre aucune bourde, Didier Reynders a dérapé ce matin. En plein débat avec Elio Di Rupo sur les ondes de La Première, le vice-premier ministre est vite devenu la cible des réseaux sociaux. Un mauvais coup de pub pour les libéraux, à moins de 20 jours des élections… 

Ce mardi matin, Elio Di Rupo et Didier Reynders étaient les invités de Bertrand Henne pour un « duel » de campagne. En fin de débat, en parlant des socialistes dans le gouvernement, le Premier disait : « Nous avons préservé l’index malgré que la plupart des partis voulaient y toucher. Nous avons augmenté les bas salaires, les basses pensions… Nous avons pu réaliser une grande partie de notre programme. Mais je dois constater qu’il y a cette volonté de regarder du côté de la N-VA. Si on veut un gouvernement de droite, c’est comme Martens-Gol, dans lequel il y a eu trois sauts d’index successifs… » 

Ce à quoi Reynders a répondu : « J’ai beaucoup de respect pour ces deux hommes. Je rappelle juste qu’à l’époque, il a fallu redresser ce qu’avait fait un gouvernement avec Guy Mathot comme ministre du Budget. Pendant les 10 ans qui ont suivi, sans les libéraux au gouvernement, ce qu’on a connu, ce sont les enlèvements et disparitions d’enfants, les affaires, la dioxine… Il a fallu le retour des libéraux pour remettre de l’ordre. » La fin du débat sonnait alors, et le libéral n’eut pas le temps de préciser sa pensée. 

Le mal était fait. « Sans les libéraux au gouvernement, ce qu’on a connu, ce sont des enlèvements d’enfants… » Une petite phrase assassine (et totalement inappropriée) qui n’a pas tardé à faire bondir ses détracteurs. 

« Le PS au pouvoir, c’est le retour des enlèvements d’enfants. Didier Reynders qui s’inspire de Laurent Louis… #etilslesmangentaussi », tweetait un certain David. Les adversaires politiques du Ministre des affaires étrangères ont bien entendu saisi cette merveilleuse opportunité pour tacler le chef de file MR. Sur son Twitter, Paul Magnette indiquait : « @dreynders “un Gvt sans les libéraux, ce qu’on a connu c’est les enlèvements d’enfants”. Dérapage odieux et indigne d’un démocrate! » Quant à Emilie Hoyos, co-présidente d’Ecolo, elle tweetait : « Glacée par les propos inqualifiables de @dreynders qui le déshonorent de manière difficilement réparable. »

Didier Reynders s’est évidemment empressé de justifier ses propos. Toujours par le biais de Twitter, il précisait : « @RTBFinfo j’évoquais la guerre des polices comme j’ai évoqué la dioxine pour l’absence de contrôle sérieux de la chaîne alimentaire. » 

Mais ce n’est pas tout, peu de temps après l’affreuse erreur du politicien bleu, le bloggeur Baudouin Van Humbeek, toujours via le site aux 140 caractères lançait le hashtag #sansleslibéraux. Le voici :

 image

Un autre internaute a alors proposé de lancer ce même hashtag. Le buzz était créé. Par centaines, les tweets mentionnant #sansleslibéraux ont afflué sur la toile. Les twittos avaient pris le pouvoir et rien ne pouvait plus les arrêter. 

Pourtant habitué à gérer minutieusement leur communication, il a suffi d’une toute petite phrase pour renverser la tendance. A l’heure actuelle, il est difficile de mesurer l’impact que celle-ci aura sur les libéraux. Même si, à 20 jours des élections, le MR se serait bien passé de cela. Mais une chose est sûre, les réseaux sociaux ont, une fois encore, prouvé toute leur capacité à relayer une info dans les plus brefs délais. C’est en effet par le biais de Twitter que le buzz s’est entièrement déployé. 

Au MR, il faut maintenant tenter de réparer les pots cassés. Deux solutions s’offrent à eux : la première, la plus sage, se faire discret quelque temps ; la deuxième, la plus probable connaissant leur stratégie sur les réseaux sociaux, contre-attaquer de plus belle…

Loïc Manguette

Liste non-exhaustive des tweets marqués du #sansleslibéraux :

Tous les tweets sont à retrouver ici : https://twitter.com/search?f=realtime&q=%23sansleslib%C3%A9raux&src=typd

Pour réussir son pari électoral de ce 25 mai, le PTB peut compter sur l’aide d’une bande de jeunes étudiants ultra-motivés. Omniprésents sur les réseaux sociaux, ils pèsent sur la campagne électorale numérique.

Mais qui se cache derrière ces mystérieux COMAC, acronyme signifiant « Communistes et actifs » ? Pourquoi font-ils propagande pour le PTB ? Il s’agit en réalité de la section des jeunes du parti, bien qu’elle revendique son autonomie. Malgré tout, ces temps-ci, on se serre les coudes. Tous derrière le parti. Valentin Dumont, responsable communication de COMAC-ULg, explique : « Nous sommes en période électorale. Lorsque le PTB nous transmet une affiche ou un slogan, nous les partageons sur nos propres pages sur les réseaux sociaux. Souvent, nous le faisons de nous-mêmes, nous allons sur la page du PTB et nous partageons sur notre page. »

L’électorat jeune reste une priorité pour le parti d’extrême-gauche. Une institution comme le COMAC permet d’organiser de manière cadrée la base des jeunes militants. « J’étais à Bruxelles, en 2001, au congrès qui a permis la fondation des COMAC » raconte Rafik Rassaa, ancien COMAC, aujourd’hui membre du PTB. « L’idée de base, c’était de rassembler les mouvements de jeunes du PTB sous une seule institution. A l’époque, ce n’était pas les mêmes organisations qui militaient dans l’enseignement secondaire et supérieur. On avait le Mouvement marxiste-léniniste pour les étudiants, et Rebelle pour les élèves. »

Pour un petit parti comme le PTB, les réseaux sociaux semblent une aubaine. Les prix de diffusion sont réduits presque à néant. Cela facilite l’accès à l’espace public. « Actuellement, c’est clairement notre principal moyen de communication. Il s’agit d’un outil génial qui permet de toucher le plus grand nombre de gens. Mais, nous croyons que ce n’est pas suffisant, il faut rencontrer les gens sur le terrain, je pense que nous pouvons plus vraiment toucher les gens avec un vrai contact humain » conclut Valentin.

Lucien Demoulin

image

À moins d’un mois des élections, la campagne évolue et des changements se font ressentir au sein des partis. Des changements considérés comme de « fausses bonnes surprises » par le Cdh. Selon un communiqué publié par le Centre Démocrate Humaniste, l’annonce de Didier Reynders de ne pas vouloir gouverner avec la N-VA semble, en effet, ne pas « respirer la sincérité ».

Parle-t-on d’hypocrisie ? Pas encore. Il est ici question d’opportunisme puisque le Cdh soupçonne visiblement le MR de « se détacher de la N-VA uniquement dans le cas où le MR serait la première force politique… ». Mauvaise surprise, donc, puisque Didier Reynders et Jean-Luc Crucke défendaient, il y a peu, une alliance avec le parti de De Wever. 

Et, bien que le Cdh dénonce ouvertement les pirouettes de ses principaux adversaires, il semble que le but premier de ce communiqué soit de confirmer une prise de distance radicale avec la N-VA. En effet, « le CdH fera absolument tout pour que la N-VA ne soit pas présente dans le Gouvernement fédéral ou bruxellois. » Voilà qui est dit. Et d’ajouter que contrairement aux autres (qui donc ?), « le CdH n’a jamais participé à des rencontres amicales, informelles ou gastronomiques avec la N-VA. »

Trêve de plaisanteries, le Cdh entend simplement proposer une troisième voie avec « des priorités fortes » telles que  l’emploi, la relance économique, l’enseignement, la formation, le financement des pensions…

Adam Laura 

image

Interview – Maxime Bourlet, Conseiller communal depuis 2006 à Awans, est également le Président des Jeunes MR de la Province de Liège. Le politicien explique comment les réseaux sociaux sont utilisés au sein du Parti mais aussi dans le monde politique en général.

Existe-il une stratégie de communication particulière sur les réseaux sociaux pour les Jeunes MR liégeois ?

Disons qu’il y a une double stratégie de communication. Une globale, incitant les membres du Parti de moins de 30 ans à « liker » le site des Jeunes MR de la province de Liège et à le partager le plus largement possible sur les réseaux sociaux. A titre personnel, j’ai crée mon propre site internet. Et pour attirer l’attention des internautes, j’ai réalisé des vidéos un peu spéciales en plusieurs phases, dont la phase finale sort aujourd’hui ! Ces trois vidéos s’inspirent du film Tanguy, un clin d’œil à ma propre situation puisque je vis encore chez mes parents à 27 ans ! La « bande-annonce » de ces vidéos est sortie sur mon site internet le 1ier avril. L’idée du canular était bien sûr faite exprès ! La production de ces vidéos a pour but de défendre l’audace et l’originalité, des qualités importantes en politique. Mais l’objectif premier était d’amener les gens à se rendre sur mon site. Et ça a marché, le nombre de visite a véritablement explosé !

Mise à part votre site internet, utilisez-vous également Twitter et Facebook pour réaliser votre campagne électorale ?

Bien sûr ! J’ai ma propre page Facebook et un compte Twitter. Les réseaux sociaux sont un bon moyen de communication mais ce n’est pas grâce à eux qu’on gagne des élections. En tout cas, pas à notre échelle. Ca peut jouer un rôle pour certains acteurs politiques, comme Elio Di Rupo, mais pour les plus petits politiciens, ces réseaux n’ont pas beaucoup de poids. 

Des améliorations sont-elles à faire dans la communication sur les réseaux sociaux au sein du Mouvement Réformateur ?

Oui, on aurait dû être plus productif avant le 25 février (Nda : date de lancement de la campagne électorale du MR) et s’investir plus rapidement dans la campagne sur les réseaux sociaux. Des formations ont été organisées pour apprendre aux politiciens à mieux communiquer via les réseaux sociaux mais elles n’ont pas toujours été bien suivies. Ceux qui ouvrent seulement maintenant une page Facebook et qui n’y publient rien sont des « glands (sic) », tout comme ceux qui postent des publications toutes les 6 secondes. Pas mal de politiciens prêchent ainsi dans le désert…

Pensez-vous que les réseaux sociaux peuvent servir d’outil de « propagande » pour les partis et que les propos peuvent facilement sortir du cadre politique ?

Oui, c’est un nouveau moyen de communication dont on ne mesure pas encore toute la puissance. Je pense que Twitter sert surtout à « clasher ». Le rapport entretenu avec les personnes abonnées aux comptes politiques sur Twitter est différents car y figurent surtout des journalistes, des professionnels ou des sympathisants. Alors que Facebook est une plate-forme plus familiale, ma grand-mère est sur Facebook ! Il faut donc être plus stratégique. Mais que cela soit sur l’un ou l’autre, les acteurs politiques doivent savoir s’autoréguler dans leur communication car on peut vite déraper…

Camille Stassart

image

Internet, les réseaux sociaux : du pain béni pour les politiques.  Et pourtant, ce ne fut pas toujours le cas. Il y a quelques années d’ici, les politiques vivaient ce qu’on appelle la « fracture numérique » c’est-à-dire qu’ils étaient face à deux publics relativement différents, les électeurs traditionnels et les électeurs internautes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas puisque plus de 90% de la population est connectée. Internet est un endroit où il est possible de communiquer en temps réel et ce tout au long de l’année et plus seulement en temps de campagne électorale.

Comme tous les autres, le parti Écolo a vu les avantages que pouvait offrir une « cyber-campagne ».  Baptiste Erkes, chargé de la communication au sein du groupe Écolo, nous explique les grands points d’une telle révolution : «  Les réseaux sociaux offrent à la fois la possibilité d’exposer nos idées et de véhiculer nos valeurs mais également d’écouter ce que les gens disent, de prendre la température en somme, et d’adapter le message si nécessaire. La communication va dans les deux sens ! ». 

Affectionnant tout particulièrement Facebook et Twitter, Ecolo surfe avec aise sur la nouvelle vague des réseaux sociaux. Réseaux assez différents l’un de l’autre, et qui ne s’adressent pas au même type de public. « Facebook est un réseau social de masse, il permet de toucher une forte partie de la population. Plus de sept millions de belges y sont abonnés ! Il y a plus de fonctionnalité sur Facebook, ce qui permet de faire de la communication externe, mais aussi interne, entre membres du parti. Interne au sein du parti par la création de pages, de groupes privés, de profils etc. et externe car l’information est rendue visible à un large public.  Twitter, quant à lui, est un réseau dit ‘’de niche’’. Il rassemble moins d’inscrits et ses membres font partie d’un milieu socioculturel un peu plus élevé que ceux de Facebook. C’est intéressant, car faire notre campagne sur Twitter nous permet de toucher ce que l’on appelle des faiseurs d’opinion, qui relayeront leurs idées dans les différentes couches de population. De plus, sur ce réseau, tous les partis sont mis sur le même pied d’égalité, puisqu’il n’existe pas de publicité payante, contrairement à ce que l’on peut faire sur Facebook. »

Quoi qu’il en soit, Écolo semble plus présent sur le célèbre réseau social de Mark Zukerberg que sur celui de l’oiseau bleu. Et le parti en joue ! Alors que les Greennominations, lancées à l’aube de la campagne, ont été loin de remporter un grand succès, Baptiste Erkes se justifie : « Il s’agissait cette fois de communication interne, nous ne voulions pas toucher les masses et faire le buzz. Au contraire, le but était de motiver tous les candidats Ecolo pour la campagne et les élections à venir. ».

Aujourd’hui gonflé à bloc, le groupe Écolo s’est lancé dans un compte à rebours des jours qui nous séparent des élections. Une idée assez ludique puisque chacune des pages de ce calendrier virtuel est porteuse d’un point du programme Écolo. Des phrases néanmoins on ne peut plus vagues : « Dans 34 jours, votez pour un système éducatif piloté efficacement » ou encore « Dans 36 jours, votez pour permettre aux personnes âgées de vivre dignement ». Mais qui, pour notre interlocuteur Baptiste Erkes, ont toutes du sens : «  Nous picorons un peu en fonction de l’actualité pour rédiger nos messages mais cela reste bien entendu des arguments écolos en lien avec notre programme ». Vu le manque de réactions de la part des internautes, nous ne semblons toutefois pas les seuls insensibles à ces messages. En effet, aucune de leur publication n’a encore recueilli plus de quarante « like », ni suscité plus de deux commentaires. À moins que cette nouvelle campagne ne soit à nouveau destinée qu’aux membres du parti ? 

Elodie Lemaire, Amélie Delobbe et Lucie Hermant

 

Les élections législatives fédérales et régionales belges ainsi que les européennes approchent à grands pas ! En vue d’aider les étudiants à trancher ou se conforter dans leurs choix, un grand débat a été organisé à HEC-ULg. Écolo a répondu présent avec comme représentante : Muriel Gerkens.

image


Muriel Gerkens, députée fédérale Écolo, était présente ce jeudi 27 mars à HEC-ULg pour un débat consacré aux élections 2014. Cette conférence organisée par l’association HEC-ULg, Le Vif/L’Express et Guido réunissait d’autres personnalités issues du monde politique belge : Melchior Wathelet (CDH), Christine Defraigne (MR) et Jean-Claude Marcourt (PS).

Les différents représentants politiques se sont particulièrement attardés sur des sujets sensibles pour les étudiants : les réformes des universités et des hautes écoles, les examens d’entrée, un service minimum des transports en commun, etc.

Muriel Gerkens dénonce « la politique d’exclusion » mise en place par le gouvernement actuel. Elle affiche son soutien aux jeunes qui sont de plus en plus touchés par le chômage.

La prestation de la représentante d’Écolo est convaincante et agrémentée d’une volonté de changement, surtout concernant les plus « faibles » : jeunes, chômeurs, familles les plus démunies, etc.

Un système de vote par SMS a été mis en place durant ce débat. Le public pouvait voter pour le parti de son choix. À la fin de la conférence le parti Écolo à réalisé une belle performance et en obtenant la 2e place, juste derrière le MR. Madame Gerkens à pu répondre aux attentes du public étudiant, venu en masse assister au débat.

 Lien VIDEO : https://www.youtube.com/watch?v=ETquQD9bJM0&feature=youtu.be

Malherbe Julien

image

Ce samedi 5 avril, le PTB a organisé le dernier meeting régional avant les prochaines élections du 25 mai. Plus de 600 militants ont assisté à l’événement ainsi que les syndicalistes de la FGTB.

La salle Eden de Charleroi, trop petite pour l’occasion, a été le théâtre d’interventions combatives des orateurs devant une foule surchauffée. Plus de 600 militants du PTB, rejoints par des syndicalistes de la FGTB, étaient présents à l’événement. La campagne électorale bat son plein.

Pendant le meeting, la parole a été prise par Marco Van Hees, tête de liste au fédéral, Raoul Hedebouw, président du PTB et Christian Viroux, 3e  sur la liste au fédéral. Leur discours visait principalement les métallurgistes de la FGTB présents à la soirée. Déçus par une gauche qui ne se préoccupe plus d’eux, ces derniers se tournent vers « un parti où il y a des sereines espérances » explique Robert Sénéchal, secrétaire provincial de la FGTB. Dans ce contexte, leur discours qui prône une gauche du changement, agit comme vrai rempart contre le massacre social trouve un écho certain. Raoul Hedebouw se dit fier de ce succès annoncé. Surtout à Charleroi, ville qui est dirigée par le PS depuis de nombreuses années. Il se montre très confiant et il a des bonnes raisons de l’être.  Selon lui, le PTB aura bientôt un pied au parlement fédéral et régional. Les sondages annoncent une progression nette, les meetings organisés par le parti attirent du monde. Cependant, il faut toujours rester prudent dans le monde politique. La donne peut encore changer d’ici les élections.

Hedebouw s’est encore une fois offusqué lors de ce meeting de la prohibition des affiches politiques dans les rues de Seraing. Mais l’homme fort du PTB oublie que la campagne se joue désormais aussi – et surtout – sur les réseaux sociaux. Facebook ou Twitter sont utilisés comme de vraies armes de communication par beaucoup de militants de son parti. Le PTB a les cartes en main pour marquer ces élections de son empreinte. Reste à voir si le succès résistera à la sanction des urnes. Et de voir si les promesses seront tenues en cas de succès. 

Giulia Tomasi

Benjamin Bodson, étudiant en dernière année de droit à l’ULg, actuel Président des Jeunes cdH liégeois et candidat aux élections communales en 2012, donne son avis sur l’utilisation des réseaux sociaux pendant la campagne électorale. 

image

« Aux précédentes élections communales de Liège, Willy Demeyer n’avait que 38 likes de plus que moi », explique Benjamin en toute modestie. Cela prouve que l’approche était différente. Et d’ajouter « sa communication n’était pas du tout axée sur les réseaux sociaux, alors que moi, ma campagne, je l’avais faite exclusivement via les réseaux sociaux ». Il est important de souligner que Benjamin, 40ème sur la liste cdH, avait récolté 484 voix pour une première campagne. Selon lui, le web 2.0 est primordial lors de cette période pré-électorale, car « cela permet de toucher plus facilement les électeurs ». En effet, ces derniers « vont être plus attirés par un message plus moderne que par une lettre qui va être perdue avec leur courrier ».

Et le cdH, dans tout cela? 

Depuis le début de cette campagne électorale, le cdH s’est montré discret sur la toile contrairement à ses adversaires.
« Au cdH, il y a un problème de communication mais général, et pas seulement sur les réseaux sociaux »,
avoue Benjamin. Selon lui, « l’objectif du Président Benoit Lutgen n’est pas d’être présent sur tous les réseaux sociaux, mais bien d’agir sur le terrain et de communiquer uniquement les points clés du programme du parti ». Des voix s’élèvent d’ailleurs contre ce manque de communication du Président. Comme le souligne Benjamin « il y a eu un classement effectué par des journalistes politiques des différentes rédactions belges pour voir quel était le meilleur communicateur parmi les politiciens francophones et Benoit Lutgen est arrivé dernier en obtenant un score négatif ». Par ailleurs, celui-ci affirme que « si le message n’est pas assez moderne, assez bien fait et ficelé, cela peut porter préjudice au cdH si d’autres partis font passer un meilleur message ».

Lors du Congrès au Wex de Marche-en-Famenne, le cdH a pourtant démontré qu’il pouvait être plus présent sur la toile avec un mode de communication « un peu à l’Américaine », davantage axé sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce vers quoi Benjamin pense qu’il faut se diriger, car « le mode de communication a totalement changé et l’électeur a besoin de voir que l’on prend ses questions en mains. Il veut voir quelque chose de grand et qui impressionne ». Benjamin souligne également que la campagne est une occasion de revoir toute la communication du parti et de l’améliorer.

Le relais aux jeunes ?

Pour toucher l’électeur tout âge confondu, les jeunes vont plutôt aller à l’essentiel et utiliser un langage percutant qui va interpeller l’électeur en adressant un message ad hoc. Selon Benjamin, les politiciens doivent passer la main aux jeunes pour gérer les réseaux sociaux, car « les anciennes générations ne font pas partie de la génération qui a grandi avec Facebook, et du coup, le message qu’ils donnent via ce réseau n’est pas le bon et ils ne savent pas vraiment quel impact le message va avoir ».
 

à vos tweets !

Emilie Grauls

 

Le COMAC incarne l’Atlas soutenant le PTB. Ce mouvement de jeunes du parti de Raoul Hedebouw se place en pierre angulaire de sa communication sur les réseaux sociaux. Rencontre avec l’une de ses représentantes, militante sans ambage.

            “La politique, tout le monde est capable d’y être impliqué, les gens ne sont juste pas assez en confiance !" Du haut de ses vingt-cinq ans, Sarah Schmit martèle déjà un enthousiasme débordant pour recueillir l’opinion du plus grand nombre. Mais surtout des jeunes. Et pour nourrir ce gourmand dessein, les réseaux sociaux forment un fusain incontournable : "Aller sur le terrain, c’est bien, mais tous les étudiants ne descendent pas dans la rue à nos côtés, tous ne se bousculent pas aux portes des débats. Avec Facebook, on est certain de les atteindre sans obstacle”, expose-t-elle en sirotant une bière.

            Cette efficacité du web 2.0, les autres partis l’ont bien compris. La NV-A, par exemple, n’hésite pas à se délester de 300.000 € pour l’investir avec fracas (http://tinyurl.com/nzhspb2). Les membres du COMAC ne disposent pas de tels moyens. “Mais on a la ferveur”, nuance Sarah. La débrouille, elle a l’habitude. À vingt-cinq ans, au sortir d’études de sociologie à l’ULB, elle cherche du travail avec optimisme. La singulière tâche de naissance qu’arbore sa joue gauche reflète son désaccord avec le pouvoir en place. Rebelle, comme un cheveu dans la soupe. Mais pas la populaire, celle aux palourdes.

Remonter le courant

            Organiser des rassemblements virtuels permet également d’entrer en débat facilement. Conscient que la gauche n’a pas la science infuse, le COMAC cherche à ferrer des jeunes de tous les horizons pour confronter les opinions. “Selon moi, les autres partis n’aspirent pas à la même volonté”, accuse la jeune femme. “Leurs termes compliqués entravent l’accès des gens au concret. Terrorisés, ils n’osent pas témoigner d’avis politique de peur qu’il soit invalide.” Le credo du COMAC réside dans l’essaimage d’appâts tangibles pour inciter les citoyens à s’indigner.

            Première suppléante à la Chambre au PTB-go, à Bruxelles, Sarah Schmit reste toujours à l’affût de promesses de voix. D’ailleurs, beaucoup de ses camarades sont inscrits sur les listes électorales. Pour convaincre les jeunes, interpellés par les réseaux sociaux, ils abattent la carte écornée des enquêtes d’opinion. Censées refléter la réalité, elles constitueraient une base solide pour rédiger un programme politique. “Le PTB a consulté 42.000 résultats d’études pour être certain de défendre les priorités des gens”, entonnent les militants. Un chiffre jeté à la figure des followers pour se targuer d’une universalité toute relative. Une poignée de gros sel qui étonne peu. Les slogans tapageurs restant l’apanage d’une communication efficace. À fortiori au cœur de la jungle des réseaux sociaux. Sables mouvants ou long fleuve tranquille ?

Boris Krywicki